Sélection de citations

Note de méthode: je suis très souvent, mais pas absolument toujours, d'accord avec le sens explicite ou implicite des citations proposées. En revanche je trouve presque toujours leur formulation brillante, et leur contenu de nature à ouvrir sur des réflexions ou des divagations intéressantes, drôles ou touchantes: c'est la concision et la pertinence des textes d'abord, leur originalité ensuite (j'ai volontairement omis quelques perles pas assez rares), leur concordance exacte avec mes opinions enfin, qui ont constitué les critères principaux de leur sélection. Je n'ai évidemment pas cherché à multiplier les références; au contraire, mon but principal a été de maintenir un niveau d'exigence strict de manière à garantir une qualité élevée dans toutes les catégories. Un cas particulier concerne Michel Houellebecq, dont un nombre limité de contributions seulement a été retenu. Concernant cet auteur, il faudrait plutôt de mon point de vue recourir à une anthologie complète, dont je donne une première approche dans mon ouvrage La Comédie Economique.

Devises, maximes et aphorismes

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité. (Devise/slogan du site Wikistrike)

Ratio omnia vincit. (Marcus Manilius)

Felix qui potuit rerum cognoscere causas [Heureux qui a pu pénétrer la raison des choses]. (Virgile)

Que Dieu existe ou pas, 2+2=4. (Lucien Cerise, conférence du 9 juin 2018, 38:15)

Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away. (Philip K. Dick)

We can ignore reality, but we cannot ignore the consequences of ignoring reality. (Ayn Rand)

Même Dieu n'a pas le pouvoir de faire que ce qui a été [ou plus simplement est] ne soit pas. (source inconnue)

Truth can never be told so as to be understood and not be believed / La vérité, jamais ne peut être dite de telle manière qu'elle soit comprise et ne soit pas crue. (William Blake)

Dieu? Je n'ai pas besoin de cette hypothèse. (Laplace)

Is God willing to prevent evil, but not able? Then he is not omnipotent. Is he able, but not willing? Then he is malevolent. Is he both able and willing? Then from whence comes evil? (Hume)

Everything must be done as simple as possible but not simpler. (A. Einstein)

If you can’t explain it simply, you don’t understand it well enough. (A. Einstein)

Est réel ce qu'on peut mesurer. (Max Planck)

Quod gratis asseritur gratis negatur - ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve (proverbe Romain, origines multiples, dont une traduction plus pertinente serait peut-être "ce qui est affirmé sans preuve peut être négligé sans justification".)

Never complain. Never explain. (probablement la reine Victoria d'Angleterre, la maxime s'est ensuite généralisée à la famille royale britannique)

Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. (Guillaume d’Orange)

Je suis ce que j’ai fait de ce qu’on a fait de moi. (Sartre)

Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés. (Confucius)

Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir. (Sénèque ou André Comte-Sponville, d'après son entretien avec Charles Robin)

Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. (Camus)

L'émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges. (Marc-Aurèle)

Dans la vie rien n'est à craindre, tout est à comprendre. (Marie Curie)

La vie ne vaut rien. Mais rien ne vaut la vie. (André Malraux)

Une vie ne vaut rien. Mais une vie vaut une vie. (sans auteur connu)

Fais ce que dois, advienne que pourra. (devise de la famille La Rochefoucauld)

La béatitude n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même. (Spinoza)

Nous sommes punis par nos péchés, non pas à cause d'eux. (Elber Hubbard)

Ce n'est pas aussi compliqué qu'on le raconte, les relations humaines: c'est souvent insoluble, mais c'est rarement compliqué. (Michel Houellebecq)

Le ressentiment est la preuve de sa propre faiblesse. (Friedrich Nietzsche - Par delà le bien et le mal)

Les idées dominent le monde, avant les intérêts, contrairement à ce qu'on croit, ne serait-ce que pour une raison évidente, c'est qu'on ne conçoit ses intérêts qu'à travers les idées qu'on se fait des intérêts, ça paraît sophistique, ça ne l'est pas du tout. (Henry de Lesquen, émission du 8/10/19 sur radio Athéna, https://youtu.be/0O3bnkq8KR8?t=1558)

Evil preaches tolerance until it is dominant, then it tries to silence good. (Charles Chaput)

I don't want a tolerant society just like I don't want a tolerant immune system. (Carbon based Greg, comments on https://www.youtube.com/watch?v=ArOQF4kadHA)

Dieu rit des gens qui déplorent les effets de ce dont ils chérissent les causes. (Bossuet)

Le hasard nous ressemble. (George Bernanos)

Chaque chose, selon sa puissance d'être, s'efforce de persévérer dans son être. (Spinoza)

Nul vainqueur ne croit au hasard. (Friedrich Nietzsche)

First they ignore you, then they laugh at you, then they fight you, then you win. (Gandhi)

Se préparer au pire, espérer le meilleur, prendre ce qui vient. (Confucius)

Ne pas railler, ne pas déplorer, ne pas maudire, mais comprendre. (Spinoza)

Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. (William Arthur Ward)

L'optimiste apprend l'anglais. Le pessimiste apprend le chinois. Le réaliste apprend à se servir d'une kalashnikov. (Proverbe russe)

Manager seulement pour le profit revient à jouer au tennis en regardant le tableau des résultats plutôt que la balle. (Ivan Lendl)

Ce n'est pas en améliorant la bougie qu'on a inventé l'ampoule électrique.

L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité, seule la lumière le peut. (Martin Luther King)

A partir d’un certain nombre, la quantité devient une qualité. (Engels)

Quand l'eau baisse les fourmis mangent les poissons; quand l'eau monte les poissons mangent les fourmis. Il n'y a que le changement qui ne change pas.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire (Einstein)

Si je recevais la toute-puissance, avec des millions d’années pour expérimenter, je ne penserais pas à me vanter de l’Homme comme résultat de mes efforts. (Bertrand Russell)

L'autre n'est pas seulement différent de toi, il l'est encore différemment que tu ne l'as imaginé. (Ferenc Rákóczy)

Le plus heureux des hommes est celui qui désire le moins le changement de son état (Marquise Du Châtelet).

La matière est le meilleur absorbant de l’iniquité. (Origène)

Le soleil ne luit pour personne. (Paul Éluard)

Some people feel the rain. Others just get wet. (Bob Marley?)

Ni héros ni bourreau... Un peu de douleur, un peu de plaisir... Je ne lui aurai donné que cela... que cela... (Colette, phrase finale de "Le blé en herbe")

Avec trop on se perd. Avec moins on se trouve. (Tchouang Tseu)

Accomplis chaque acte de ta vie comme s'il devait être le dernier. (Marc Aurèle)

N’aie pas peur d’avancer lentement. Aie peur de rester immobile. (Proverbe chinois)

Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. (Lao Tseu)

Si je disposais de neuf heures pour abattre un arbre, j’en emploierais six pour affûter ma hache. (Abraham Lincoln)

L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. (René Char)

Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. (Guillaume d'Ockham)

Tout a été dit. (La Bruyère)

La forme, c'est toujours le fond qui remonte à la surface. (Victor Hugo)

Tout ce qui est excessif est insignifiant. (Talleyrand)

Le solipsiste est un fou enfermé dans un blockhaus imprenable (Schopenhauer)

Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs. (Jean Cocteau)

Nos jugements nous jugent. (Sainte-Beuve)

On blesse l'amour propre, on ne le tue pas. (Paul Morand)

Le coassement des grenouilles n'empêche pas l'éléphant de boire.

Un repas de plus vers la mort. (Emmanuel Dion, après certains repas pris en famille)

Toute pierre lancée au hasard se dirige, avec une étonnante précision, vers l'endroit qu'elle finira par atteindre. (Jean-Claude Silberman)

Il ne faut pas sous-estimer l'incompétence de nos chers dirigeants. Ils sont capables de prendre de mauvaises décisions confrontés à un problème qu'ils ne comprennent pas.

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. (Descartes, Discours de la méthode)

Etre con, c'est comme être mort. On ne s'en rend soi-même pas compte, c'est aux autres que ça fait de la peine.

Je me fiche que certaines personnes ne pensent pas comme moi. Au point où on en est, si elles pensent, c'est déjà ça.

La foi soulève des montagnes, oui : des montagnes d'absurdité. (André Gide)

Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche. (Audiard)

They laughed at Galileo. They laughed at Copernicus. They laughed at Columbus. But remember, they also laughed at Bozo the Clown.

On allumera des feux pour attester que deux et deux font quatre. On tirera l’épée pour prouver que les feuilles sont vertes en été. (Chesterton)

Anyone sincerely interested in understanding the imbalance in the representation of men and women in science must reasonably be prepared at least to consider the extent to which nature may figure, even with the clear evidence that nurture is strongly implicated. (James Watson)

De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. (Desproges)

Il vaut mieux se taire et passer pour un con, que parler et ne laisser aucun doute à ce sujet. (Desproges)

Talk is cheap. Supply exceeds Demand.

Sauf erreur, je ne me trompe jamais. (Alexandre Vialatte)

Hanlon's razor: Never attribute to malice that which is adequately explained by stupidity.

Le problème est que si les gens qui ont raison ne parlent jamais aux gens qui ont tort, on évite peut-être de perdre son temps avec ceux qui ne pourront jamais être convaincus, mais on ne parle pas non plus à ceux qui pourraient l'être. (David Madore)

If at first you don't succeed, destroy all evidence that you tried.

Beaucoup plus facile d'admettre le suicide de quelques-uns que l'obstination de la majorité à vivre. (Jean-Claude Brisville)

Le mariage est la principale cause de divorce.

Sausage principle : People who love sausage and respect the law should never watch either one being made.

Méfiez-vous. Les apparences peuvent être vraies. (Eugène Guillevic)

Les absents ont toujours tort de revenir. (Jules Renard)

Je ne suis ni pour, ni contre, bien au contraire. (Coluche)

La dictature c'est "ferme ta gueule", et la démocratie c'est "cause toujours". (Woody Allen)

Il y a un cas de don d'organe où il vaut mieux être le donneur que le receveur. C'est la greffe de cerveau.

Le monde est composé de deux catégories de personnes : Celles qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi : Tu creuses. (Clint Eastwood. Le Bon, La Brute et le Truand.)

Bonjour, je suis un virus de page web. Recopiez moi sur votre page perso pour que je me développe ! J'exploite le sens de l'humour de mes hôtes.

Quand j'étais jeune, je croyais que dans la vie l'argent était ce qu'il y avait de plus important. Maintenant que je suis vieux, je le sais. (Oscar Wilde)

L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres. (Coluche)

Si l'argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! (attribué à Jules Renard)

Les aspirations des pauvres ne sont pas éloignées de la réalité des riches. (Pierre Desproges)

La mondialisation est de l'interdépendance sans solidarité. (Edgar Morin)

Le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable. (Keynes, 1936)

Il y deux moments dans la vie d'un homme où il ne devrait pas spéculer : quand il n'en a pas les moyens et quand il les a. (Mark Twain)

Cohn's law : The more time you spend in reporting on what you are doing, the less time you have to do anything. Stability is achieved when you spend all your time reporting on the nothing you are doing.

Heller's law : The first myth of management is that it exists.

If I had asked people what they wanted, they would have said faster horses. (Henry Ford)

66 years after the Wright Brothers flew 5 foot, Man set foot on the moon.

Il ne faut pas se focaliser sur des faits particuliers, mais plutôt sur les régularités qui les tiennent ensemble. (Henry Poincaré)

Aphorismes humoristiques

What do you get when you cross a joke with a rhetorical question?

Qu'est ce que je serais heureux si j'étais heureux !(Woody Allen)

Pour vous, je suis un athée. Pour Dieu, je suis un opposant loyal. (Woody Allen)

Do know the secret to travelling around Australia and returning home with $100,000? Leave home with $200,000.

Fais aujourd'hui ce que tu as remis à demain hier.

Je suis capable du meilleur et du pire, mais c’est dans le pire que je suis le meilleur. (Coluche)

Un jour, Dieu a dit : « je partage en deux : les riches auront de la nourriture, les pauvres auront de l'appétit. » (Coluche)

Les psychiatres, c’est très efficace. Moi, avant, je pissais au lit, j’avais honte. Je suis allé voir un psychiatre, je suis guéri. Maintenant, je pisse au lit, mais j’en suis fier. (Coluche)

L'ennemi est ***, il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui.

L'homme n'est que poussière, c'est vous dire l'importance du plumeau. (Alexandre Vialatte)

Ma femme et moi avons été heureux vingt-cinq ans; et puis, nous nous sommes rencontrés. (Sacha Guitry)

Les femmes sont tellement menteuses, qu'on ne peut même pas croire le contraire de ce qu'elles disent. (Georges Courteline)

Il faut toujours se marier avec une belle femme : vous trouverez toujours quelqu'un pour vous en débarrasser. (Sacha Guitry)

L'optimisme: Elle est en retard. C'est qu'elle viendra. (Sacha Guitry)

J'ai été enfant de chœur, militant socialiste, et bistrot. C'est dire si j'en ai entendu des conneries... (Michel Audiard)

Quand je dis que ma richesse est intérieure, je veux dire que mon argent est dans un coffre. (Philippe Geluck) Le futur du verbe je baille est ? Réponse : je dors.

Qui vole un boeuf est vachement musclé! (Chaval)

Qui pond un oeuf, pond un boeuf.

Il y a deux sortes d'arbres : les hêtres et les non-hêtres. (Raymond Queneau)

Le vin d’ici est meilleur que l’eau de là.

On reconnaît le rouquin aux cheveux du père et le requin aux dents de la mère. (Pierre Desproges)

- Votre mari n'est pas là, madame Eiffel ? - Non, il est allé faire une tour. (Frédéric Dard)

Que feriez-vous si vous étiez roi ? Si j'étais roi, je me méfierais des as ! (Tristan Bernard)

J'ai peur du passé, du présent, du futur, du passé simple et du plus-que-parfait du subjonctif. (Georges Wolinski)

Australian beer is like making love in a canoe : it's fucking close to water. (Monty Pythons)

Une auto-stoppeuse est une jeune femme, généralement jolie et court vêtue, qui se trouve sur votre route quand vous êtes avec votre femme. (Woody Allen)

Je vous résume le freudisme : Pourquoi ? Parce queue. (Louis Pauwels)

Les ordres c'est comme les coups de bite, j'en donne mais j'en reçois pas.

Avant de regarder la paille qu'il y a dans l'oeil du voisin, tu ferais mieux de regarder la poutre qu'il y a dans mon slip.

Si vous pliiez une feuille 42 fois, elle serait assez épaisse pour atteindre la Lune.

Les êtres humains ont 50% de leur ADN identiques à celui des bananes.

L'âge de pierre ne s'est pas fini par manque de pierres.

J'ai toujours pensé que, tant que l'homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté. (Woody Allen)

L'intelligence artificielle se définit comme le contraire de la bêtise naturelle.(Woody Allen)

On s’est séparés mais vraiment très clair, très clean, impeccable. Bon moi à un moment j’ai vu qu’il y avait un problème alors j’ai dit « faut qu’on en parle ». Elle m’a dit non. J’ai dit si, c’est le truc, c’est vrai, c’est ça qui fout les couples en l’air de pas communiquer. Alors elle me dit bon si tu y tiens effectivement y’a un p’tit problème, tu m’fais chier, j’m’emmerde avec toi. J’ai dit ouais, tu vois c’est super de euh communiquer. (Jean-François Derec, Mon ex-femme)

Juste avant de mourir, j'avalerai un sac de maïs. Histoire de mettre l'ambiance au crematorium. (jeanmichelfussoir)

Les cinq symptômes de la paresse: 1- (jeanmichelfussoir)

Je vous rappelle que l'usage du préservatif protège également des vergetures, des kermesses et de l'achat d'un monospace. (jeanmichelfussoir)

Il y a un moment où il faut arrêter de prendre les cons pour des gens. (jeanmichelfussoir)

La Peste, c'est Camus. Mais la grippe, est-ce Pagnol? (jeanmichelfussoir)

Le poids de vos péchés est trop lourd? Louez un diable! (jeanmichelfussoir)

Il paraît que si tu cries trois fois "Dame Blanche!" à trois heures du matin, ta mère va apparaître pour te dire de fermer ta gueule. (jeanmichelfussoir)

Si tu changes 4 lettres à Jean, ça fait bite. (jeanmichelfussoir)

Quand on dit que "l'argent ne fait pas le bonheur", on parle de quelle somme exactement? (jeanmichelfussoir)

Parfois je regarde ma table, et je lui demande "Porque t'es basse?" (jeanmichelfussoir)

Aphorismes inversibles

"Pour faire de grandes choses, il faut vivre comme si l'on ne devait jamais mourir. (Vauvenargues)" et "Pour faire de grandes choses, il faut vivre comme si l'on devait mourir demain".

"Qui se ressemble s'assemble" et "Les opposés s'attirent".

"L'abondance ne nuit pas" et "L'abondance nuit".

"Les hommes se distinguent par ce qu'ils montrent et se ressemblent par ce qu'ils cachent" (Paul Valéry) et "Les hommes se ressemblent par ce qu'ils montrent et se distinguent par ce qu'ils cachent" (Emmanuel Dion).

Réflexions thématiques

I propose to consider the question, "Can machines think?" This should begin with definitions of the meaning of the terms "machine" and "think." [...] We can only see a short distance ahead, but we can see plenty there that needs to be done. (Alan Turing, deux premières phrases et dernière phrase de l'article éponyme "Can machines think?", un modèle de concision et de pertinence).

Aux intersections de ses voies de communication, l’homme a bâti des métropoles gigantesques et laides, où chacun, isolé dans un appartement exactement semblable aux autres, croit absolument être le centre du monde et la mesure de toutes choses. (Michel Houellebecq, H. P. Lovecraft : Contre le monde, contre la vie)

La traditionnelle lucidité des dépressifs, souvent décrite comme un désinvestissement radical à l'égard des préoccupations humaines, se manifeste en tout premier lieu par un manque d'intérêt pour les questions effectivement peu intéressantes. Ainsi peut-on, à la rigueur, imaginer un dépressif amoureux, tandis qu'un dépressif patriote paraît franchement inconcevable. (Michel Houellebecq)

Il conservera toute sa vie une attitude typiquement aristocratique de mépris de l’humanité en général, joint à une extrême gentillesse pour les individus en particulier. (Michel Houellebecq)

Quand les gens parlent des 'droits' de l'homme, j'ai toujours plus ou moins l'impression qu'ils font du second degré. (Michel Houellebecq)

Certainement, j'avais besoin d'une théorie quelconque qui m'aiderait à faire le point sur ma situation sociale. (Michel Houellebecq, Plateforme)

C'est ça la culture, c'est un peu chiant, c'est bien ; chacun est renvoyé à son propre néant. (Michel Houellebecq)

La vérité, c'est que les hommes étaient simplement en train d'abandonner la partie. (Michel Houellebecq)

Un monde composé de femmes serait à tous points de vue infiniment supérieur; il évoluerait plus lentement, mais avec régularité, sans retours en arrière et sans remises en cause néfastes, vers un état de bonheur commun. (Michel Houellebecq)

Décidément, les femmes étaient meilleures que les hommes. Elles étaient plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes et plus douces ; moins portées à la violence, à l'égoïsme, à l'affirmation de soi, à la cruauté. Elles étaient en outre plus raisonnables, plus intelligentes et plus travailleuses. (Michel Houellebecq)

Le capitalisme libéral a étendu son emprise sur les consciences; marchant de pair avec lui sont advenus le mercantilisme, la publicité, le culte absurde et ricanant de l'efficacité économique, l'appétit exclusif et immodéré pour les richesses matérielles. Pire encore, le libéralisme s'est étendu du domaine économique au domaine sexuel. Toutes les fictions sentimentales ont volé en éclats. La pureté, la chasteté, la fidélité, la décence sont devenues des stigmates ridicules. (Michel Houellebecq, dans "H.P. Lovecraft, Contre le monde, contre la vie", p. 146)

L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D'une part, parce que Dieu n'existe pas, et que même si on est con, on finit par s'en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D'autre part, l'Islam est miné de l'intérieur par le capitalisme. Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l'islam. (Michel Houellebecq)

À partir d’un sous-ensemble de mesures on peut définir une histoire, logiquement consistante, dont on ne peut pas cependant dire qu’elle soit vraie; elle peut simplement être soutenue sans contradiction. Parmi les histoires du monde possibles [...], certaines peuvent être réécrites sous la forme normalisée de Griffiths ; elles sont alors appelées histoires consistantes de Griffiths [...] Cependant, le nombre d’histoires consistantes de Griffiths pouvant être réécrites à partir d’une série de mesures est en général sensiblement supérieur à un. Tu as une conscience de ton moi ; cette conscience te permet de poser une hypothèse : l’histoire que tu es à même de reconstituer à partir de tes propres souvenirs est une histoire consistante, justifiable dans le principe d’une narration univoque. En tant qu’individu isolé, persévérant dans l’existence un certain laps de temps, soumis à une ontologie d’objets et de propriétés, tu n’as aucun doute sur ce point : on doit nécessairement pouvoir t’associer une histoire consistante de Griffiths. Cette hypothèse a priori, tu la fais pour le domaine de la vie réelle ; tu ne la fais pas pour le domaine du rêve
– J’aimerais penser que le moi est une illusion ; il n’empêche que c’est une illusion douloureuse... dit doucement Bruno ; mais Michel ne sut que répondre, il ne connaissait rien au bouddhisme.(Michel Houellebecq)

Tout dans ce monde moderne n'est que la conséquence absolue et directe de la découverte des applications de la vapeur et de l'énergie électrique à une grande échelle. (Lovecraft, cité par Houellebecq dans "H.P. Lovecraft, Contre le monde, contre la vie", p. 145)

La propriété privée nous a rendus si stupides et si bornés qu'un objet n'est nôtre que lorsque nous le possédons. (K. Marx [Manuscrits de 1844])

Du moment que je suis vivant et que je ne désire plus rien, je n'ai plus besoin d'être intelligent. (Boris Vian, L'automne à Pékin)

… s’ils ont [les hommes] des obligations à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles et malheureux. (Condorcet)

Trouvez simplement ce qu'un peuple est prêt à subir en silence, cela vous donnera la mesure exacte de l'injustice et du mal qui lui seront imposés, et cela continuera jusqu'à ce que se manifeste une résistance par les mots ou la violence, ou les deux. Les limites des tyrans sont fixées par l'endurance de ceux qu'ils oppressent. (Frederick Douglass)

J'ai pas l'hypocrisie de dire "je suis du côté du peuple", le peuple c'est de la merde, ce qu'on sauve, c'est une essence, c'est un sang, c'est une histoire. Pourquoi on veut la sécurité dans un pays? C'est pour offrir les conditions d'apparition du génie dans une société apaisée. Il n'y a que les gens normaux, sains, moraux et intelligents qui font avancer une société. (Daniel Conversano, https://youtu.be/s9mzVsNK16s?t=5740 , live 24/4/21, 1:35:40)

L'ADN est un énorme code source écrit directement en assembleur, bourré de code mort, non documenté, mal structuré, dont personne n'a une vision d'ensemble, avec beaucoup d'interactions entre des bouts de codes éloignés. Il est écrit sur un support qui n'a pas été défragmenté, dont la lecture est lente et il y a des erreurs à chaque copie. Il a qui plus est été écrit par des développeurs ne se parlant jamais, qui réimplémentent la même chose que le voisin, réutilisent des morceaux de code sans les comprendre et pour autre chose que leur destination première. L'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire quand on programme. Certains biologistes ont pour but de comprendre tout ça.

De nombreuses personnes orthodoxes parlent comme si c'était le travail des sceptiques de réfuter les dogmes plutôt qu'à ceux qui les soutiennent de les prouver. Ceci est bien évidemment une erreur. Si je suggérais qu'entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j'aie pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes. Mais si j'affirmais que, comme ma proposition ne peut être réfutée, il n'est pas tolérable pour la raison humaine d'en douter, on me considérerait aussitôt comme un illuminé.

We are now living in an age of information explosion … the last thing people need is more information. What they really need is somebody to arrange all of the bits of information into a meaningful picture – and this is what I try to do. (Noah Yuval Harari, interview au Guardian, 6/10/2017)

Chaque pays a sa propre responsabilité envers son surplus de population et ne doit pas le répercuter sur d’autres pays. (Paul Scheffer, https://www.overpopulationawareness.org/fr/articles/la-soci%C3%A9t%C3%A9-multiculturelle,-une-fiction )

Poésie

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
[...]
Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !
[...]
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !
[...]
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

(Lamartine)

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
[...]
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
[...]
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
[...]
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
[...]
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
[...]
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lêvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

(Antoine Pol)

La distance et le temps sont vaincus. La science
Trace autour de la terre un chemin triste et droit.
Le Monde est rétréci par notre expérience
Et l'équateur n'est plus qu'un anneau trop étroit.
Plus de hasard. Chacun glissera sur sa ligne,
Immobile au seul rang que le départ assigne,
Plongé dans un calcul silencieux et froid.

(Alfred de Vigny)

Puisqu'on ne vivra jamais tous les deux
Puisqu'on est fous, puisqu'on est seuls, puisqu'ils sont si nombreux
Même la morale parle pour eux
J'aimerais quand même te dire
Tout ce que j'ai pu écrire
Je l'ai puisé à l'encre de tes yeux

(Francis Cabrel)

Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage-là était vraiment bien
Ce passage-là était bien.

(Alain Souchon)

Would you know my name
If I saw you in heaven?
Would it be the same
If I saw you in heaven?
I must be strong
And carry on
'cause I know I don't belong here in heaven.

(Eric Clapton)


Peu après le réveil je me sens transporté
Dans un autre univers au précis quadrillage
Je connais bien la vie et ses modalités
C'est comme un questionnaire où l'on cocherait des cases

(Michel Houellebecq)


Le paradis n'est pas l'ailleurs
Dont rêvent les voyageurs
Il n'est pas dans l'au-delà
Ni dans aucun autrefois
Le paradis n'est pas demain
Mais aujourd'hui entre tes mains
Il est là ou tu mets la marque
De ta propre élévation
Là où tu construis ton park
Là où tu mènes ton action

(Claude Sicre)

Je regardais le bleu du ciel et j'étais bien. (Michel Delpech)

Quand il entendit, sur leur tringle, glisser les rideaux, il appela à lui son courage et réussit à ne pas détourner la tête...
Vinca parut, entre les contrevents qu’elle rabattit sur le mur. Elle cligna fortement des paupières à plusieurs reprises, et regarda devant elle avec une fixité passive. Puis elle enfonça ses mains dans l’épaisseur de ses cheveux, et retira, de leur désordre, une brindille sèche... Le sourire et la rougeur éclatèrent ensemble sur son visage qu’elle pencha entre ses cheveux mêlés, cherchant sans doute Philippe. Bien éveillée, elle prit dans la chambre un pichet de terre vernissée, et arrosa avec soin un fuchsia pourpré qui fleurissait le balcon de bois. Elle consulta le ciel frais et bleu, qui promettait le beau temps, et se mit à chanter une chanson qu’elle chantait tous les jours. Entre les fusains, Philippe veillait, comme un homme venu là pour un attentat.
« Elle chante... Il faut bien que j’en croie mes yeux et mes oreilles, elle chante. Et elle vient d’arroser le fuchsia. »
Il ne songea pas un seul instant qu’une telle apparition, conforme à son voeu le plus récent, devait lui rendre la joie.
Il ne s’arrêta qu’à sa déception et, trop novice pour l’analyse, s’obstina à comparer:
« Une nuit, je suis venu m’abattre sous cette fenêtre, parce qu’une révélation venait de tomber, foudroyante, entre mon enfance et ma vie d’aujourd’hui. Elle chante, elle chante... »
Les yeux de Vinca luttaient d’azur avec la mer matinale.
Elle peignait ses cheveux et recommençait, à bouche fermée, sa petite chanson, son vague sourire...
« Elle chante. Elle sera jolie au déjeuner. Elle crierai:
« Lisette, pince-le au sang! » Ni grand bien ni grand mal... la voilà indemne... »
Il vit que Vinca, penchée, écrasait sa gorge sur le balcon de bois et se tendait vers la chambre de Philippe.
« Que je paraisse à la fenêtre voisine, que j’enjambe la balustrade pour la rejoindre et elle me jettera ses bras au cou...
« Ô toi que j’appelais « mon maître », pourquoi m’as-tu semblé plus émerveillée, quelquefois, que cette petite fille neuve, qui a l’air si naturel? Tu es partie sans m’avoir tout dit. Si tu n’as tenu à moi que par l’orgueil des donateurs, tu aurais pitié de moi, pour la première fois, aujourd’hui...»
De la fenêtre vide venait un fredon faible et heureux qui ne le toucha pas. Il ne songea pas non plus que dans quelques semaines l’enfant qui chantait pouvait pleurer, effarée, condamnée, à la même fenêtre. Il cacha son visage au creux de son bras accoudé et contempla sa propre petitesse, sa chute, sa bénignité. « Ni héros ni bourreau... Un peu de douleur, un peu de plaisir... Je ne lui aurai donné que cela... que cela... »
(Colette, fin de "Le blé en herbe")

Chansons

La sélection qui suit, plus encore que les autres, est courte, arbitraire, contingente et évolutive - sa part de Kitsch est assumée, car "La seule chose qui ne soit absolument pas kitsch, c'est le néant." (Michel Houellebecq); de toute manière, on est toujours le kitsch de quelqu'un d'autre, et la surenchère dans le refus du kitsch ne peut mener qu'à des impasses esthétiques et existentielles illustrées par des personnages comme le punk GG Allin.

Les passantes (Brassens et Le Forestier, à la demande de Lino Ventura, mais l'interprétation de Cabrel est bonne aussi) : .

Le baiser (clip officiel Alain Souchon) : .

La vie ne vaut rien (clip officiel Alain Souchon) : .

La vie ne vaut rien (reprise de Delerm) : .

Diabolo menthe (reprise de Delerm) : .

I want to hold your hand (les Beatles) : .

Wish you were here (David Gilmour, unplugged) : .

Love of my life (Queen, live at Wembley) : .

Still Loving You (Scorpion) : .

Purple Rain (Prince) : .

Tears in Heaven (Eric Clapton) : .

Telegraph road et Money for nothing (Dire Straits) : (notamment les trois dernières minutes de la performance scénique) et .

Epitaphes possibles

Voici dans l'ordre les épitaphes que je souhaiterais voir inscrits sur ma pierre tombale, en fonction de la place disponible:

« Gloire immortelle de nos aïeux »

« Rien ni personne n'est supérieur à la vérité »

« Le ciel étoilé, moi aussi »

« Jamais de la vie »

« La narration d’une vie humaine peut être aussi longue ou aussi brève qu’on le voudra. L’option métaphysique ou tragique, se limitant en dernière analyse aux dates de naissance et de mort classiquement inscrites sur une pierre tombale, se recommande naturellement par son extrême brièveté »

« www.emmanueldion.com »